Téléconsultation en CPTS : logiciel et coordination infirmier

Votre CPTS veut améliorer l'accès aux soins sur le territoire, et la téléconsultation assistée par un infirmier figure désormais en tête des leviers concrets. Mais entre le choix du logiciel, l'articulation avec les outils métier des infirmiers libéraux, le matériel à mutualiser et le financement, le projet se heurte vite à des questions d'organisation. Ce guide répond à la plus fréquente : comment déployer la téléconsultation en CPTS sans créer un système parallèle, en s'appuyant sur les infirmiers comme pivots et sur un logiciel de plateforme de télémédecine réellement interopérable.
Pourquoi les CPTS déploient la téléconsultation assistée
Une CPTS (communauté professionnelle territoriale de santé) organise les professionnels de ville d'un territoire autour d'une population. Son cadre de financement est l'ACI (accord conventionnel interprofessionnel) signé le 20 juin 2019, que l'Assurance Maladie conventionne et que l'ARS accompagne. On compte aujourd'hui plus de 800 CPTS en France (2025), preuve d'une montée en charge rapide.
Parmi les missions socles de l'ACI, l'amélioration de l'accès aux soins arrive en première ligne : faciliter l'accès à un médecin traitant, organiser les soins non programmés, orienter les patients sans médecin traitant. L'avenant 2 (signé le 20 décembre 2021) a d'ailleurs élargi cette mission d'accès aux soins et relevé le plafond de la rémunération sur objectifs (de l'ordre de 30 % selon les sources), tout en ajoutant des indicateurs de prévention. Des négociations conventionnelles se poursuivent en 2025-2026, avec un avenant 3 à l'ACI en cours de signature dans certaines CPTS — sans que son contenu chiffré précis soit, à ce stade, à graver dans le marbre.
La téléconsultation assistée s'inscrit naturellement dans cette mission : elle rapproche un avis médical du patient là où il vit, sans que le médecin se déplace. Pour une CPTS, c'est un moyen direct de réduire les délais et les renoncements aux soins. La solution de télémédecine pour CPTS consiste précisément à équiper et coordonner les professionnels du territoire autour de cet usage.
Le rôle pivot des infirmiers
Les infirmiers, et particulièrement les IDEL, sont idéalement placés pour porter la téléconsultation assistée : ils sont déjà présents au domicile, en cabinet, en EHPAD ou dans les locaux de la CPTS. Rappelons une distinction de fond, car tout le déploiement en dépend :
- Téléconsultation : un médecin réalise une consultation à distance pour un patient. C'est un acte de télémédecine, piloté par le médecin.
- Téléconsultation assistée : ce n'est pas un acte juridique distinct, mais une téléconsultation au cours de laquelle un professionnel — souvent un infirmier — est physiquement auprès du patient pour l'accompagner et réaliser certains gestes cliniques.
- Télésoin : un soin réalisé à distance par l'infirmier lui-même, sans médecin (cadre de l'avenant 9).
- Téléexpertise : un professionnel demande à distance l'avis d'un autre professionnel ; le patient n'est pas présent.
Pendant une téléconsultation assistée, le médecin pilote la consultation et l'infirmier accompagne le patient. Notre guide de la téléconsultation assistée détaille ce déroulé, et le guide de la téléconsultation assistée pour infirmier IDEL reprend le rôle pas à pas. Pour les équipes infirmières du territoire, la solution infirmiers regroupe les usages concrets.
Qui facture quoi : cotation côté médecin et côté infirmier
Côté médecin, la téléconsultation se facture comme une consultation classique : 25 € pour un médecin généraliste, et 30 € ou plus pour un spécialiste, dans le respect du parcours de soins coordonné et des plafonds d'activité à distance prévus.
Côté infirmier, l'acte d'accompagnement d'une téléconsultation assistée (avenant 6) se cote selon le lieu de réalisation :
| Code | Lieu de réalisation | Tarif |
|---|---|---|
| TLL | Lieu dédié / fixe (cabinet infirmier, MSP, télécabine…) | 12 € |
| TLD | Au domicile du patient | 15 € |
À distinguer du télésoin (TLS), qui n'est pas un acte d'accompagnement : c'est un soin réalisé à distance par l'infirmier lui-même, sans médecin, dans le cadre de l'avenant 9 (cas emblématique : la surveillance de pansements à distance). Sa valorisation se réfère à l'acte équivalent ; consultez ameli.fr pour les conditions exactes. À noter : les tarifs conventionnels sont susceptibles d'évoluer selon les avenants en vigueur. Pour le détail des cotations infirmières, voyez notre guide de cotation de la téléconsultation assistée infirmier.
La téléexpertise complète ce dispositif : un infirmier peut être le requérant et facturer 10 €, dans la limite de 3 actes maximum par patient et par an ; le médecin requis qui rend l'avis facture 25 €, le patient n'étant pas présent. La téléexpertise et notre guide de la téléexpertise infirmier précisent ce cadre.
L'enjeu central : logiciel métier et coordination
C'est ici que la plupart des projets CPTS bloquent. Il faut distinguer deux briques :
- le logiciel métier infirmier — l'outil de pratique propre de l'infirmier (transmissions, télésoin, facturation) ;
- l'outil de coordination partagé de la CPTS — la plateforme territoriale qui orchestre les parcours et le partage d'information.
Le vrai défi n'est pas de remplacer l'un par l'autre, mais de garantir leur interopérabilité, et l'interfaçage avec les services socles nationaux : Mon espace santé / DMP, MSSanté et le SAS (service d'accès aux soins), dans l'esprit du Ségur du numérique en santé. Une plateforme qui n'expose pas le médecin à une saisie en double, qui affiche les données des appareils en temps réel pendant la visio, et qui produit l'ordonnance et le compte rendu au fil de l'eau, évite le système parallèle que redoutent les coordinateurs.
La plateforme MedConnect a été conçue pour cet usage : visioconférence hébergée en HDS, remontée temps réel des appareils connectés, dossier patient, ordonnance, facturation Carte Vitale et scribe IA. Elle est éditée par un fabricant français certifié HDS, ISO 27001, avec des dispositifs marqués CE et un fonctionnement conforme au RGPD — un socle de confiance pour le partage d'information en CPTS. Découvrez le matériel de téléconsultation et la plateforme logicielle associée.
Le matériel partagé : mallette, chariot, sac à dos
Une CPTS n'équipe pas chaque professionnel à l'identique : elle mutualise selon les usages. MedConnect propose trois formats, tous reliés à la même plateforme et embarquant jusqu'à plus de 20 dispositifs médicaux connectés (ECG 12 dérivations Cardioline touchECG, stéthoscope numérique Riester Ri-Sonic, dermatoscope, otoscope, moniteur de signes vitaux, oxymètre, échographe portable, spiromètre, analyseur biologique, bladder scanner) :
- la mallette de téléconsultation, pour les visites à domicile et les IDEL — à partir de 3 000 € HT ;
- le chariot de télémédecine, pour les structures et les EHPAD du territoire (sur devis) ;
- le sac à dos ultra-léger, pour la mobilité maximale.
Pour les usages cardiologiques fréquents en EHPAD et en zones sous-denses, l'ECG connecté ouvre la voie à la télécardiologie. Côté lieux, rappelons les attendus de la HAS : privilégier un lieu où un professionnel de santé exerce déjà, un espace dédié et accessible pendant l'acte, un accueil sans activité commerciale, la confidentialité assurée et une personne responsable présente pour la préparation et l'accompagnement.
Financer le déploiement : ACI, ARS et aides à l'équipement
Le financement combine plusieurs leviers. Au niveau de la CPTS, l'ACI finance la structuration selon la taille de la communauté (quatre tranches de population, de moins de 40 000 à plus de 175 000 habitants), avec une part fixe et une part variable sur objectifs ; les plafonds dépendent de la taille et de l'avenant en vigueur — référez-vous à l'ACI en cours plutôt qu'à un chiffre figé. Le volet numérique et coordination s'inscrit dans cette enveloppe, l'ARS accompagnant le projet.
Au niveau de chaque infirmier, l'Assurance Maladie verse, via le forfait annuel de modernisation du cabinet, 350 €/an pour l'équipement de visioconnexion et 175 €/an pour les appareils médicaux connectés — déclarés annuellement sur amelipro, et versés même si les indicateurs socles du forfait ne sont pas atteints. Combinés à un financement ARS dans le cadre d'un projet CPTS, ces leviers peuvent ramener le coût net du matériel à un niveau très bas, parfois jusqu'à 0 € selon les projets. Notre page financement de la télémédecine détaille le montage.
FAQ
Faut-il un logiciel unique pour toute la CPTS ?
Non. L'objectif n'est pas d'imposer un outil unique, mais d'assurer l'interopérabilité entre le logiciel métier de chaque infirmier et l'outil de coordination partagé de la CPTS, ainsi que l'interfaçage avec Mon espace santé / DMP, MSSanté et le SAS. Une plateforme conforme au Ségur du numérique en santé facilite ce raccordement.
Quelle différence entre téléconsultation assistée et télésoin pour un infirmier ?
Dans la téléconsultation assistée, le médecin pilote l'acte et l'infirmier accompagne le patient ; l'accompagnement se cote TLL (12 €, lieu dédié) ou TLD (15 €, au domicile), selon l'avenant 6. Le télésoin (TLS) est un soin réalisé à distance par l'infirmier lui-même, sans médecin, dans le cadre de l'avenant 9 ; reportez-vous à ameli.fr pour ses conditions et sa valorisation.
Le matériel de téléconsultation peut-il réellement coûter 0 € à la CPTS ?
Les aides de l'Assurance Maladie (350 €/an visioconnexion + 175 €/an appareils connectés) et un financement ARS dans le cadre du projet CPTS peuvent réduire fortement le coût net, jusqu'à 0 € selon les projets. La mallette MedConnect démarre à 3 000 € HT ; le chariot est établi sur devis. Le montage dépend de l'avenant ACI en vigueur et du projet de territoire.
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